Quand l’accessibilité entre en conflit avec le design : que choisir ?
Faut-il toujours privilégier l’accessibilité, même lorsque cela complexifie l’interface ou contraint le design ? C’est une question que je me pose régulièrement dans mes projets digitaux. Depuis que j’ai obtenu la certification Opquast « Mobiliser un référentiel qualité numérique », j’utilise presque quotidiennement ce référentiel pour échanger avec les designers, les développeurs, nos partenaires et nos clients. Et certaines règles, pourtant simples en apparence, soulèvent des problématiques plus complexes.

Parmi les règles du référentiel, l’une d’elles retient particulièrement mon attention : « Les icônes de navigation sont accompagnées d’une légende explicite. ». Derrière cette recommandation se cache un enjeu essentiel : rendre la navigation compréhensible pour tous les utilisateurs.
En théorie, l’application de cette règle peut sembler simple : il suffit d’accompagner les icônes par leurs libellés (« recherche », « profil »…). En pratique, les choses se compliquent rapidement. Certains pictogrammes, comme le menu burger, sont aujourd’hui très répandus.
Dans ces cas-là, faut-il malgré tout ajouter le mot « Menu » ? À partir de quel moment peut-on considérer qu’une icône est suffisamment connue pour se passer d’une légende ?
Il convient de rappeler que ce qui nous paraît évident en tant que concepteurs ne l’est pas forcément pour tous les utilisateurs.

La solution pour répondre aux différents cas de figure serait de systématiser l’ajout de légende.
Sur desktop, cela ne pose généralement pas de difficulté : l’espace disponible permet d’associer facilement une icône à son intitulé. En revanche, sur mobile, chaque pixel compte. Les contraintes d’espace obligent souvent à faire des choix et peuvent conduire à privilégier certaines fonctionnalités plutôt que d’autres.
Prenons par exemple un site de programmation culturelle. Le calendrier est souvent une fonctionnalité clé que l’on souhaite rendre immédiatement visible. Pourtant, sur mobile, afficher à la fois une icône et le libellé « Calendrier » dans la navigation principale n’est pas toujours possible sans dégrader l’ergonomie. Faut-il alors privilégier un design plus épuré, au risque de perdre en accessibilité, ou conserver le libellé malgré la contrainte d’espace ?
Je ne pense pas qu’il existe une réponse universelle. Chaque projet possède ses propres contraintes, ses utilisateurs et ses usages. Le bon choix dépend donc toujours du contexte : la part du trafic mobile, les habitudes des utilisateurs ou encore le niveau de familiarité avec certains pictogrammes sont autant d’éléments à prendre en compte.
En outre, l’objectif n’est pas d’opposer accessibilité et design. Le véritable défi consiste à concevoir des interfaces qui soient à la fois esthétiques, efficaces et accessibles.

Chez Les Éclaireurs, nous cherchons à valoriser l’accessibilité dès que cela est possible. Parce que derrière chaque règle se trouve un objectif simple : permettre au plus grand nombre d’accéder aux contenus et aux services numériques !
Et vous, qu’en pensez-vous ?