Fin 2024, dans la perspective du transfert du catalogue Images de la culture du CNC vers la Cinémathèque du documentaire nous sommes sollicités pour accompagner ce dernier notamment sur le site internet. Premier objectif : objectiver le coût et mesurer les implications techniques. Puis, chemin faisant, la mission change : le périmètre évolue, les enjeux se précisent, et le terrain devient plus escarpé que prévu. On mobilise alors les bonnes ressources pour éclairer les options, structurer la réflexion et accompagner le client dans ses arbitrages. À l’issue de cette phase, un appel d’offres est lancé pour la refonte de 2 sites internet, et un prestataire est retenu. En 2026, nous avons le plaisir de poursuivre notre rôle de conseil et de suivre la mise en ligne de ces nouveaux sites.
Créée en 2017, la Cinémathèque du documentaire (LCDD) réunit, au sein d’un groupement d’intérêt public (GIP), plusieurs acteurs qui mutualisent leurs moyens pour valoriser le documentaire : CNC, France Télévisions, La Scam, Procirep, Bpi, Images en bibliothèques (IB), BnF, Film-documentaire.fr, Ardèche Images, ARTE et Tënk.
Sa spécificité : faire le lien entre patrimoine, création contemporaine et action de terrain. Concrètement, la LCDD :
Dans ce cadre, Images de la Culture (IdC) est le catalogue de films géré par la LCDD. Il rassemble plus de 1 500 documentaires, destinés à être diffusés par des structures en lien direct avec le public : bibliothèques et médiathèques, centres éducatifs, associations, festivals, ainsi que des établissements sociaux (hospitaliers, pénitentiaires), engagés dans une action culturelle.
Les films sont accessibles via un système de commande réservé aux structures habilitées, pour des diffusions publiques et gratuites sur l’ensemble du territoire, y compris dans les DROM-COM. Ils peuvent aussi être consultés sur place ou prêtés au public via les médiathèques et centres de documentation.
Cette plateforme renforce l’offre documentaire de la Cinémathèque : elle facilite la programmation et la médiation du documentaire à l’échelle nationale, et soutient la création en permettant l’acquisition de droits, notamment lors de festivals (FIPADOC, Cinéma du réel, etc.).
Je souhaite vivement recommander Les Éclaireurs Bastille (anciennement Netemedia) qui nous accompagne depuis le mois d’octobre 2024 pour la création, de deux sites internet à l’architecture commune complexe (pour la Cinémathèque du documentaire et le catalogue de films Images de la culture) dans le cadre d’un marché public. Professionnalisme, méthodologie éprouvée, écoute et relation clientèle sont les atouts que je peux citer parmi d’autres. Nous avons décidé de ce fait de prolonger notre collaboration avec l’équipe des Éclaireurs, une fois le prestataire sélectionné, pour l’exécution du marché.
La consigne de départ : accompagner Images de la Culture dans sa sortie du périmètre du CNC, pour lui permettre de fonctionner en autonomie.
L’objectif de cette première mission est d’abord d’objectiver les implications de ce changement : le coût, les impacts techniques, et ce que cela implique concrètement en termes d’exploitation au quotidien. À ce stade, le périmètre est strictement limité au site IdC.
IdC permet à la fois le visionnage en streaming (pour les usagers des bibliothèques et institutions partenaires) et la commande de supports physiques. Très vite, un point devient évident : pour avancer, il faut comprendre la mécanique, d’autant qu’un acteur clé entre en jeu : un prestataire tiers qui opère le streaming et la logistique. Et c’est précisément ce volet, très technique, qui constitue le cœur de notre première phase de travail.
Avec un planning contraint et des délais courts, on prend le sujet à bras-le-corps. Avec Théo, notre expert technique, on se met en ordre de marche dès le démarrage pour cadrer les dépendances et comprendre ce qui structure réellement le projet : streaming, commande et logistique.
Et très vite, un constat s’impose : la technique compte, mais le cœur du projet, c’est l’éditorialisation des films.
Car un film, au-delà de ses données structurelles (titre, année, réalisateur, durée, pays…), se raconte. Et sa présentation peut varier selon le contexte et selon le site sur lequel il apparaît. Au fil des ateliers, nous avons donc confronté une approche très « système » (afficher un film correctement) à une approche plus éditoriale (présenter un film dans un catalogue, le situer, le rendre clair et compréhensible).
Nous commencions à trouver notre rythme et à avancer dans la rédaction quand un événement vient changer assez radicalement la donne.
La refonte du site de la Cinémathèque du documentaire s’ajoute au projet. Le périmètre s’élargit, et l’enjeu devient immédiat : comprendre le rôle de chaque site, le rôle de chaque entité, et définir une articulation claire entre les deux, en tirant au passage toutes les implications techniques.
Le chantier se complexifie encore avec des intégrations d’API issues de partenaires tiers. Il n’en fallait pas plus pour nous rendre heureux. De nouvelles pièces à assembler, pour un projet plus ambitieux, plus structurant, et forcément plus exigeant.
Nous en avons profité pour étoffer l’équipe en faisant intervenir Laurie. Nous étions alors trois sur le projet, organisés autour d’un binôme actif, un mode de fonctionnement qui est au cœur de notre méthodologie. À plusieurs, on réfléchit mieux, et surtout, on peut vraiment s’épauler.

Bien que la refonte de chacun des sites soulève des questions spécifiques, ils partagent un point commun évident : le film documentaire.
Au démarrage du projet, chaque site s’appuie sur sa propre base de données de films, autonome et gérée séparément. Résultat : une même information peut exister en double, avec un risque de divergence dans le temps. Aujourd’hui, mettre à jour une donnée sur un film impose deux opérations, sur deux systèmes différents.
Assez vite, la question de la maintenabilité s’impose. Lors des échanges avec l’équipe projet, l’idée d’un socle commun a donc fait sens : mutualiser les données structurelles des films (titre, année, réalisateur, durée, pays…), tout en laissant à chaque site sa logique de présentation et d’éditorialisation.
C’est dans ce cadre que film-documentaire.fr apparaît comme une opportunité : son catalogue constitue un référentiel riche, et régulièrement mis à jour. En poussant la logique, l’objectif devient d’établir une source unique de vérité (SSOT) pour les données films (voir : https://www.alumio.com/fr/blog/what-is-a-single-source-of-truth-ssot), afin d’éviter les doublons et les incohérences.
C’est là que la notion d’API (Application Programming Interface) entre en jeu et nous permet de poser concrètement les hypothèses du futur projet. Dès lors que plusieurs systèmes d’information coexistent, il faut prévoir les interfaces qui leur permettent d’échanger des données et de se synchroniser. Et c’est précisément ce que nous avons clarifié au fil du cadrage : au départ, nous parlions d’une API ; en avançant, le projet a fait émerger plusieurs API, chacune répondant à un objectif bien identifié.
C’est précisément là que l’AMOA/AMOE est décisive : poser une architecture cible, expliciter les flux et responsabilités, et le formaliser clairement dans le CCTP. Le rôle de l’AMOE est aussi de clarifier en amont ces enjeux et de les rendre intelligibles pour le client pour lequel ces aspects techniques peuvent être déroutants.
Pour compléter le CCTP, nous déroulons la méthode : personae, parcours, arborescences, gabarits, exigences fonctionnelles.
Très vite, une question traverse le projet : pourquoi deux sites ?
La réponse s’impose : des cibles et des usages différents, et deux entités qui doivent conserver leur autonomie éditoriale. À partir de là, l’enjeu devient clair : comprendre ce qui distingue chaque site, ce qui oriente un visiteur vers l’un ou l’autre, et ce que chacun doit permettre de faire.
La création des personae constitue donc une étape clé. Elle permet de poser clairement les attentes et les objectifs pour chaque site, et de se projeter dans leurs usages futurs. Côté Images de la Culture, il s’agit de visionner ou commander un film. Côté Cinémathèque du documentaire, de découvrir une programmation, une ligne éditoriale, un agenda.
Au final, nous aboutissons à 4 profils pour IdC et 3 profils pour la LCDD.
Dans la continuité, nous menons avec l’équipe projet plusieurs ateliers pour construire l’arborescence de chaque site, puis travailler les gabarits de pages. Ces étapes ont été particulièrement structurantes : elles ont permis aux équipes de se projeter concrètement dans leurs futurs sites, d’aborder les grandes questions du projet de manière très pragmatique, et de passer des intentions à des choix opérationnels.
S’il a pu y avoir quelques hésitations au démarrage, les équipes se sont rapidement prises au jeu. Les ateliers sont devenus de véritables temps de travail collectif, à la fois efficaces et agréables, favorisant les échanges, les arbitrages et la mise en mouvement du projet.
La structure que nous accompagnons sur ce projet ne disposait ni de service achats, ni de service juridique en interne. Nous avons donc recommandé l’un de nos partenaires pour prendre en charge ce volet.
Cadrer le projet dans le CCTP c’est bien, mais cadrer aussi le projet dans son lancement en tant qu’appel d’offre c’est mieux. De nombreuses questions se posent : type de procédure, délais légaux, négociations, auditions, recours… Pour tous ces aspects sur lesquels notre expertise s’arrête, nous avons pu nous appuyer sur un cabinet d’avocats spécialisé.
Un planning précis et détaillé a alors été mis en place pour tenir une contrainte forte : sélectionner un prestataire avant la fin de l’année. Et on le sait, en France, « fin d’année » arrive souvent deux semaines plus tôt. Un défi de plus, mené de main de maître.